En bref. Racheter sa franchise, c'est payer une prime plus élevée toute l'année pour n'avoir aucun reste à charge en cas de sinistre. Ce n'est rentable que si vous déclarez des sinistres fréquents — plus d'un tous les deux à trois ans — ou si avancer 150 à 500 € vous mettrait en difficulté. Dans la majorité des cas, garder sa franchise et empocher l'économie de prime reste plus avantageux.
La franchise, c'est la part qui reste à votre charge après un sinistre. Certains contrats proposent de la « racheter », c'est-à-dire de la supprimer ou de la réduire moyennant un supplément de prime. Bonne ou mauvaise affaire ? Tout est une question de calcul et de profil.
La franchise, comment ça marche
La franchise est une clause contractuelle figurant aux conditions particulières : en cas de sinistre indemnisable, l'assureur déduit ce montant de votre indemnité. Elle existe pour responsabiliser l'assuré et écarter les micro-déclarations qui coûtent plus cher à gérer qu'elles ne valent. Son cadre découle de l'article L.113-1 du Code des assurances, selon lequel l'assureur prend en charge les dommages sauf clause claire prévoyant le contraire. « Racheter » la franchise revient à payer d'avance, sous forme de prime, ce que vous auriez déboursé au coup par coup.
| Critère | Garder la franchise | Racheter la franchise |
|---|---|---|
| Prime | Plus basse | + 1 à 4 €/mois environ |
| Reste à charge par sinistre | 150 à 500 € selon contrat | 0 € (ou réduit) |
| Rentable si… | Peu de sinistres | Sinistres fréquents |
| Trésorerie | Vous avancez en cas de coup dur | Aucune avance à faire |
| Franchise catastrophe naturelle | Reste due (~380 €) | Non rachetable, reste due |
| Idéal pour | Profil prudent, budget serré | Sinistralité élevée, sérénité |
Racheter la franchise : le calcul coût/bénéfice
Le raisonnement est simple. Supposons un rachat facturé 25 €/an et une franchise de 200 €. Si vous subissez un sinistre chaque année, vous « gagnez » 200 − 25 = 175 € par an : le rachat est gagnant. Si vous ne déclarez un sinistre que tous les huit ans, vous aurez payé 8 × 25 = 200 € de surprime pour économiser… 200 € une seule fois : l'opération est neutre, voire perdante une fois la gestion prise en compte. Le point de bascule dépend donc de votre fréquence de sinistres, pas du montant de la franchise pris isolément.
Quand il vaut mieux garder sa franchise
Pour un assuré prudent, qui déclare rarement, garder la franchise et mettre de côté la différence de prime est presque toujours plus rentable. C'est aussi le bon choix si votre franchise est modérée (100 à 200 €) et votre trésorerie capable d'absorber ce montant ponctuel. Rappelons qu'un petit sinistre inférieur à la franchise ne se déclare de toute façon pas : multiplier les déclarations peut peser sur votre profil et compliquer, à terme, un changement d'assureur.
Quand le rachat vaut le coup
Le rachat se défend dans deux situations. D'abord, si votre sinistralité est élevée : logement ancien sujet aux dégâts des eaux, secteur exposé au vol, famille nombreuse. Ensuite, si une avance de plusieurs centaines d'euros vous mettrait en difficulté : payer un peu plus chaque mois pour n'avoir aucun reste à charge apporte alors une vraie sérénité budgétaire. Vérifiez toutefois ce que couvre exactement le rachat : il porte souvent sur certaines garanties seulement (dégât des eaux, vol) et jamais sur la franchise légale.
La franchise catastrophe naturelle n'est pas rachetable
Un point que beaucoup ignorent : la franchise applicable aux catastrophes naturelles est fixée par la réglementation (environ 380 € pour une habitation) et ne peut être ni supprimée ni rachetée, quel que soit le contrat. De même, la franchise sur les dommages que vous causez à un tiers ne s'applique pas à la victime : l'assureur l'indemnise intégralement, puis peut vous en réclamer le montant. Le rachat ne concerne donc que les franchises contractuelles portant sur vos propres biens.
Le verdict : dans le doute, gardez-la
Statistiquement, la franchise coûte moins cher que son rachat : l'assureur la propose parce qu'elle lui est favorable en moyenne. Gardez-la si vous déclarez peu et pouvez avancer la somme ; rachetez-la si votre sinistralité est réelle ou votre trésorerie fragile. Surtout, comparez ce que vous paierez sur l'année entière, pas seulement le montant affiché de la franchise. Pour aller plus loin, consultez notre guide détaillé de la franchise d'assurance habitation et anticipez la marche à suivre en cas de sinistre.