En bref. La formule « au tiers » se limite aux risques locatifs et à la responsabilité civile : elle protège le logement et les voisins, jamais vos propres biens. La « tous risques » (multirisque) ajoute vol, dégâts des eaux et incendie sur votre mobilier, pour 3 à 8 €/mois de plus. Dès que votre mobilier dépasse 5 000 à 8 000 €, la multirisque devient le choix rationnel.
En assurance habitation, on oppose souvent une formule minimale — parfois appelée « au tiers » par analogie avec l'automobile — à la formule « tous risques ». La première couvre le strict nécessaire imposé par la loi ; la seconde protège aussi ce qui vous appartient. Voici comment trancher sans payer pour rien, ni vous découvrir.
Deux formules, deux niveaux de protection
La formule « au tiers » correspond aux risques locatifs : les dommages que votre logement peut causer (incendie, dégât des eaux, explosion), qu'ils touchent le bâtiment ou le voisinage. C'est l'obligation légale du locataire. La formule « tous risques », ou multirisque habitation, reprend ce socle et y ajoute la protection de votre mobilier et de vos biens personnels.
| Critère | Au tiers (risques locatifs) | Tous risques (multirisque) |
|---|---|---|
| Ce qui est couvert | Le logement et les dommages aux voisins | + votre mobilier et vos biens personnels |
| Vol et vandalisme | Non couverts | Couverts |
| Dégâts sur vos biens | Non (eau, incendie, électricité) | Oui, dans la limite du capital déclaré |
| Responsabilité civile | Locative (vie privée selon contrat) | Vie privée complète incluse |
| Prix indicatif | 4 à 8 €/mois | 8 à 20 €/mois |
| Idéal pour | Locataire peu équipé, budget serré | Foyer équipé, mobilier de valeur |
Quand la formule au tiers suffit
La formule minimale a un vrai domaine d'emploi. Elle suffit lorsque vous êtes locataire, que votre mobilier a peu de valeur (logement meublé par le bailleur, étudiant de passage, pied-à-terre) et que votre priorité est de remettre une attestation d'assurance conforme au propriétaire. L'article 7 g de la loi du 6 juillet 1989 impose en effet au locataire de couvrir les risques locatifs dès la remise des clés : la formule au tiers remplit cette obligation au tarif le plus bas.
Elle a toutefois une limite nette : en cas de cambriolage ou de dégât des eaux touchant vos affaires, rien ne vous est remboursé. Vous n'êtes protégé que pour ce que vous faites subir aux autres, jamais pour ce que vous perdez vous-même.
Quand choisir la formule tous risques
Dès que vous possédez un mobilier conséquent — électroménager, informatique, télévision, vélo, meubles — la multirisque s'impose. Elle indemnise vos biens en cas de vol, d'incendie, de dégât des eaux ou de dommage électrique, dans la limite du capital mobilier que vous déclarez. C'est aussi la seule formule à intégrer systématiquement une responsabilité civile vie privée large et, souvent, le bris de glace et l'assistance. Pour un propriétaire occupant, non soumis à l'obligation d'assurance mais exposé sur la valeur de son logement, c'est le choix par défaut.
Le point de vigilance n'est pas la formule mais le capital : un capital sous-évalué expose à la règle proportionnelle (article L.121-5 du Code des assurances), qui réduit l'indemnité au prorata. Déclarez la valeur réelle de vos biens, ni gonflée ni minorée.
Le surcoût réel de la multirisque
Passer de la formule au tiers à la tous risques coûte en pratique 3 à 8 €/mois de plus, soit 40 à 100 € sur l'année. C'est peu au regard de ce qui est protégé : un seul cambriolage ou un dégât des eaux sérieux dépasse largement ce montant. La différence de prime dépend surtout du capital mobilier, de la commune et de la franchise choisie, bien plus que du nom de la formule. Une souscription 100% en ligne, sans frais de dossier, réduit encore l'écart.
Cas particuliers : meublé, colocation, résidence secondaire
Quelques situations méritent un mot. En location meublée, une partie du mobilier appartient au bailleur : le locataire peut viser une formule intermédiaire, mais doit toujours couvrir sa responsabilité et ses biens personnels. En colocation, une seule multirisque au nom des colocataires est souvent plus simple et plus sûre qu'un assemblage de formules minimales. Pour une résidence secondaire, la tous risques est vivement conseillée : inoccupé une partie de l'année, le logement est plus exposé au vol et aux dégâts des eaux non détectés.
Le verdict : comment trancher
La règle de décision tient en une phrase : si vous avez des biens à protéger, prenez la tous risques. La formule au tiers ne se justifie que pour un locataire très peu équipé cherchant le contrat obligatoire le moins cher. Dans tous les autres cas — foyer meublé, propriétaire, télétravail avec du matériel — le surcoût de quelques euros par mois de la multirisque est sans commune mesure avec le risque de tout payer de sa poche. Comparez toujours à garanties égales : c'est le détail des garanties, pas l'étiquette de la formule, qui compte.