En bref. Une hausse de cotisation n'ouvre aucun droit légal général de résiliation : cette faculté dépend d'une clause du contrat. Ce modèle l'invoque à titre principal et, à défaut, se replie sur l'article L.113-15-2 du Code des assurances, qui autorise à partir à tout moment après douze mois. Envoi en recommandé, effet à un mois dans le second cas.
[Vos nom et prénom]
[Votre adresse]
[Code postal, Ville]
[Nom de l'assureur]
[Adresse de l'assureur]
Lettre recommandée avec accusé de réception
À [Ville], le [Date]
Objet : refus de la majoration de cotisation et résiliation du contrat n° [Numéro de contrat]
Madame, Monsieur,
Titulaire du contrat d'assurance habitation n° [Numéro de contrat] garantissant le logement situé [Adresse du logement], j'ai reçu votre avis d'échéance daté du [Date de l'avis], qui porte ma cotisation annuelle de [Ancien montant] à [Nouveau montant].
Cette majoration n'est justifiée par aucune modification du risque assuré, que je n'ai pas déclarée, ni par une évolution de mes garanties, que je n'ai pas demandée. Je n'entends pas l'accepter et vous demande en conséquence de résilier ce contrat, sur le fondement de [Référence de la clause] de vos conditions générales, qui ouvre à l'assuré une faculté de résiliation en cas d'augmentation de cotisation.
À titre subsidiaire, si aucune stipulation de cette nature ne figure au contrat, la présente vaut demande de résiliation sur le fondement de l'article L.113-15-2 du Code des assurances, mon contrat étant en cours depuis plus de douze mois. La résiliation prendrait alors effet un mois après la réception de ce courrier.
Je vous remercie de me confirmer par écrit le fondement retenu et la date d'effet, de cesser tout prélèvement à compter de celle-ci, et de me rembourser la fraction de cotisation correspondant à la période non couverte.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
[Signature]
Ce que dit vraiment le droit sur la hausse de cotisation
Une précision s'impose avant toute chose, car elle est rarement donnée : le Code des assurances ne prévoit pas de droit de résilier pour cause d'augmentation de tarif. Aucun article ne permet à un assuré de quitter son contrat au seul motif que la cotisation a monté. La faculté existe uniquement lorsque le contrat lui-même la stipule — ce que font de nombreux contrats d'assurance habitation, mais pas tous.
Concrètement, trois cas de figure se présentent :
- Le contrat prévoit une clause de résiliation pour majoration. Elle ouvre généralement un délai de quinze à trente jours à compter de la connaissance de la hausse. C'est la voie la plus directe : elle permet de partir sans attendre l'échéance.
- Le contrat a plus de douze mois. La loi Hamon permet alors de résilier à tout moment, sans motif : la hausse n'a même pas à être invoquée. C'est le recours le plus fiable.
- Le contrat a moins de douze mois et ne contient aucune clause. Il faut alors attendre l'échéance annuelle et respecter le préavis de deux mois de l'article L.113-12, avec le modèle de résiliation à l'échéance.
Le modèle ci-dessus est construit pour couvrir les deux premiers cas : il invoque la clause à titre principal, et l'article L.113-15-2 à titre subsidiaire. Cette double base évite un rejet purement formel si la clause s'avère absente.
Vérifier la hausse avant d'écrire
Toutes les augmentations ne se valent pas, et certaines ne relèvent pas d'une décision commerciale de l'assureur :
- L'indexation contractuelle. La plupart des contrats indexent les capitaux et la cotisation sur un indice de référence, souvent l'indice du coût de la construction. Cette hausse est automatique et prévue au contrat : elle n'ouvre généralement pas la clause de résiliation, qui vise les majorations décidées par l'assureur.
- Les taxes et contributions. La surprime destinée au régime des catastrophes naturelles, dont le taux a été relevé par voie réglementaire au 1er janvier 2025, se répercute sur toutes les cotisations. Elle ne résulte d'aucun choix de l'assureur.
- La révision après sinistres ou après une modification du risque déclarée par l'assuré. Elle relève d'une logique différente, propre à l'article L.113-4.
- La majoration commerciale, sans contrepartie sur les garanties : c'est celle que vise la clause de résiliation.
L'avis d'échéance détaille normalement la ventilation entre cotisation nette, taxes et surprime. Comparer cette ventilation d'une année sur l'autre permet d'identifier la nature réelle de la hausse. Les mécanismes de révision sont détaillés dans le dossier augmentation de l'assurance habitation.
Ce qu'il faut remplir
Quatre éléments donnent du poids au courrier :
- La date de l'avis d'échéance : elle fait courir le délai de la clause contractuelle, souvent court.
- L'ancien et le nouveau montant, tels qu'ils figurent sur les avis. Mentionner les chiffres rend la demande vérifiable et évite les échanges inutiles.
- La référence de la clause : cherchez dans les conditions générales la rubrique « durée, résiliation » ou « révision de la cotisation », et recopiez l'intitulé ou le numéro de l'article.
- Le numéro de contrat et l'adresse du logement, sans lesquels aucune demande n'aboutit.
Si aucune clause n'est trouvée après lecture, supprimez la phrase qui la vise et conservez uniquement le paragraphe fondé sur l'article L.113-15-2 : la demande reste parfaitement valable dès lors que le contrat a plus de douze mois.
Délais et fondements : ce qui s'applique selon votre cas
Clause contractuelle. Le délai est celui que fixe le contrat, généralement quinze à trente jours à compter de la réception de l'avis d'échéance. Il est court : passé ce délai, la hausse est réputée acceptée. La date d'effet est également celle prévue par la clause, le plus souvent la date d'échéance.
Article L.113-15-2, loi Hamon. Aucune fenêtre à respecter dès lors que le contrat dépasse douze mois. La résiliation prend effet un mois après réception de la notification, sans frais ni pénalités, et le solde de cotisation doit être remboursé dans les trente jours suivant la résiliation, avec intérêts au taux légal en cas de retard.
Article L.113-12, échéance annuelle. Préavis de deux mois avant la date anniversaire, la date d'envoi faisant foi. C'est la seule voie ouverte sur un contrat de moins d'un an dépourvu de clause.
Comment l'envoyer
Le recommandé avec accusé de réception s'impose : quand un délai de quinze jours est en jeu, la date de réception doit être incontestable. L'envoi recommandé électronique produit le même effet. La fonctionnalité de résiliation en ligne, obligatoire depuis le 1er juin 2023 chez les assureurs qui commercialisent par voie électronique, constitue également une preuve horodatée valable — mais elle ne permet pas toujours de motiver la demande, ce qui peut compter si la clause contractuelle est invoquée.
Ce qui se passe après
L'assureur confirme le fondement retenu et la date d'effet. Deux points méritent attention : ne suspendez aucun prélèvement avant cette date, sous peine de vous exposer à la procédure de mise en demeure de l'article L.113-3 ; et vérifiez que le remboursement du solde intervient bien, dans les trente jours lorsque la résiliation est fondée sur la loi Hamon.
Sur un logement loué, la continuité de couverture est impérative : le nouveau contrat doit prendre effet le jour même de la fin de l'ancien. Avant de partir, il reste utile de comparer. Le prix d'une assurance habitation varie fortement d'un assureur à l'autre pour des garanties équivalentes, et un comparatif mesure l'écart réel à garanties comparables. Une souscription 100% en ligne, sans frais de dossier, absorbe souvent à elle seule la hausse contestée.
Les erreurs qui font rejeter la demande
- Invoquer un « droit de résilier pour hausse de tarif » qui n'existe pas dans la loi. Sans clause, l'assureur rejette, à juste titre.
- Dépasser le délai de la clause, souvent de quinze jours seulement après l'avis d'échéance.
- Contester une indexation contractuelle ou une hausse de taxe, qui ne sont pas des majorations décidées par l'assureur.
- Omettre les montants, ce qui oblige l'assureur à demander des précisions et fait perdre les jours restants.
- Arrêter le prélèvement avant la date d'effet et transformer un départ propre en incident de paiement.
- Oublier la base subsidiaire de l'article L.113-15-2 sur un contrat de plus d'un an : c'est le filet de sécurité du courrier.
Une question sur la lecture d'une clause ou sur la ventilation d'un avis d'échéance peut être adressée à contact@surtea.fr.