En bref. Ce modèle sert à résilier une assurance habitation à son échéance annuelle. Base légale : l'article L.113-12 du Code des assurances, qui ouvre ce droit après un an de contrat, sous réserve d'un préavis de deux mois. La loi Châtel (L.113-15-1) sert de filet si l'avis d'échéance est arrivé trop tard. L'envoi se fait en recommandé avec accusé de réception. Aucun motif n'a à être donné.

[Vos nom et prénom]
[Votre adresse]
[Code postal, Ville]

[Nom de l'assureur]
[Adresse de l'assureur]

Lettre recommandée avec accusé de réception
À [Ville], le [Date]

Objet : résiliation du contrat d'assurance habitation n° [Numéro de contrat]

Madame, Monsieur,

Titulaire du contrat d'assurance habitation n° [Numéro de contrat], souscrit auprès de vos services pour le logement situé [Adresse du logement], je vous informe de ma décision de résilier ce contrat à sa prochaine échéance annuelle, soit le [Date d'échéance].

Cette résiliation intervient en application de l'article L.113-12 du Code des assurances, qui autorise l'assuré à mettre fin à son contrat à l'expiration d'un délai d'un an, moyennant un préavis de deux mois. La présente demande vous est adressée dans le respect de ce délai, la date figurant sur le cachet de l'envoi faisant foi.

Je vous remercie de bien vouloir m'adresser un courrier confirmant la prise en compte de cette résiliation ainsi que sa date d'effet, de cesser tout prélèvement à compter de celle-ci, et de me rembourser la fraction de cotisation déjà réglée correspondant à la période postérieure à cette date.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Signature]

Quand utiliser ce modèle de lettre

Ce courrier est celui de la résiliation la plus courante : celle qui intervient à la date anniversaire du contrat. Il convient dès lors que le contrat a plus d'un an et que l'échéance est encore éloignée d'au moins deux mois. Aucune justification n'est nécessaire : le droit de résilier annuellement est un droit propre de l'assuré, que l'assureur ne peut ni refuser ni conditionner.

Trois situations relèvent de ce modèle :

  • Le contrat est arrivé à son premier anniversaire et une offre mieux placée a été trouvée ailleurs.
  • Les garanties ne correspondent plus au logement — surface, capital mobilier, dépendances — et un nouveau contrat sera souscrit.
  • Le logement va cesser d'être occupé, sans qu'il s'agisse d'un déménagement ni d'une vente.

Si le contrat a plus de douze mois et que l'échéance est trop proche pour tenir le préavis, la résiliation loi Hamon permet de partir à tout moment : elle est souvent plus simple.

Ce qu'il faut remplir avant d'envoyer

Une résiliation est rejetée neuf fois sur dix pour une raison matérielle, pas juridique. Quatre informations doivent être exactes :

  • Le numéro de contrat : il figure sur l'avis d'échéance, sur l'attestation d'assurance et dans l'espace client. Un numéro erroné équivaut à une lettre sans objet.
  • La date d'échéance : c'est la date anniversaire du contrat, ni celle du prélèvement, ni le 1er janvier. L'avis d'échéance la mentionne explicitement.
  • L'adresse du logement assuré : indispensable lorsque plusieurs contrats sont détenus chez le même assureur.
  • L'adresse d'envoi : celle du service résiliation ou du siège social, indiquée sur les conditions générales. L'adresse de l'agence locale n'est pas toujours la bonne.

La signature manuscrite reste attendue sur un courrier papier. Conservez une copie de la lettre et l'accusé de réception : ce sont les seules preuves opposables en cas de contestation.

Base légale et délais : L.113-12 et loi Châtel

L'article L.113-12 du Code des assurances pose le principe : l'assuré peut résilier son contrat à l'expiration d'un délai d'un an, en prévenant l'assureur au moins deux mois avant la date d'échéance. Le même texte précise que le délai court à partir de la date figurant sur le cachet de l'envoi : c'est donc la date d'expédition qui compte, pas celle de réception.

Certaines conditions générales prévoient un préavis plus court, d'un mois par exemple. Ce délai contractuel, plus favorable, s'applique alors. En revanche, aucun contrat ne peut exiger davantage que les deux mois légaux pour la résiliation annuelle, et ce droit doit être rappelé dans chaque police.

La loi Châtel, codifiée à l'article L.113-15-1, complète ce dispositif. Elle oblige l'assureur à rappeler, avec l'avis d'échéance, la date limite à laquelle la résiliation peut encore être demandée. Cet avis doit parvenir au plus tôt trois mois et au plus tard quinze jours avant cette date limite. Deux conséquences en découlent :

  • Si l'avis est envoyé moins de quinze jours avant la date limite, ou après celle-ci, un délai supplémentaire de vingt jours à compter de la date d'envoi de l'avis s'ouvre pour résilier.
  • Si l'information n'est pas donnée du tout, le contrat peut être résilié à tout moment à compter de la date de reconduction, sans pénalité, la résiliation prenant effet le lendemain de la date figurant sur le cachet de l'envoi.

Dans ces deux cas, il suffit d'ajouter au modèle la phrase suivante : « Cette demande est formée sur le fondement de l'article L.113-15-1 du Code des assurances, l'avis d'échéance ne m'ayant pas été adressé dans les délais prévus par ce texte. »

Comment envoyer la lettre

Le recommandé avec accusé de réception reste la voie de référence : il date l'envoi de façon incontestable, ce qui est précisément ce que sanctionne le préavis de deux mois. L'article L.113-14 du Code des assurances admet toutefois plusieurs formes : lettre recommandée, envoi recommandé électronique, déclaration contre récépissé au siège de l'assureur, acte extrajudiciaire, ou tout autre moyen prévu au contrat.

Deux voies complémentaires méritent d'être connues :

  • La résiliation en ligne. Depuis le 1er juin 2023, tout assureur qui propose la souscription par voie électronique doit mettre à disposition une fonctionnalité de résiliation gratuite et accessible en permanence, dite « résiliation en trois clics ». Elle génère un accusé de réception horodaté : c'est une preuve valable.
  • L'e-mail simple. Il n'est recevable que si le contrat le prévoit, et il ne prouve ni la réception ni la date. À réserver aux cas où le préavis est confortable.

Le fax et l'appel téléphonique, en revanche, ne constituent pas une preuve exploitable.

Ce qui se passe après l'envoi

L'assureur doit accuser réception et confirmer la date d'effet. Le contrat court jusqu'à l'échéance : les garanties restent acquises jusqu'à cette date, et la cotisation reste due pour la période couverte. Aucune indemnité de résiliation ne peut être réclamée.

Si une cotisation annuelle a été réglée d'avance, la fraction correspondant à la période non couverte doit être restituée. Lorsque la résiliation est fondée sur la loi Châtel, ce remboursement doit intervenir dans les trente jours suivant la date d'effet ; au-delà, les sommes dues produisent de plein droit intérêts au taux légal. Pensez à révoquer le mandat de prélèvement auprès de votre banque une fois la confirmation reçue.

Point de vigilance pour un locataire : l'assurance habitation est obligatoire pendant toute la durée du bail. Le nouveau contrat doit prendre effet le jour même où l'ancien s'arrête, sans un seul jour de découvert. Le bailleur peut réclamer l'attestation à tout moment.

Les erreurs qui font rejeter la demande

  • Confondre échéance et date de prélèvement. Un prélèvement mensuel ne crée pas une échéance mensuelle : l'échéance reste annuelle.
  • Poster la lettre trop tard. À un jour près, la résiliation est reportée d'un an. Comptez large et gardez la preuve d'envoi.
  • Oublier le numéro de contrat. C'est le motif de rejet le plus fréquent.
  • Écrire à l'agence au lieu du service résiliation. Vérifiez l'adresse dans les conditions générales.
  • Arrêter le prélèvement avant la date d'effet. L'impayé expose à la procédure de mise en demeure de l'article L.113-3 et complique la souscription suivante.
  • Souscrire le nouveau contrat trop tard, et laisser un trou de garantie sur un logement loué.

Cas particuliers

Contrat de moins d'un an. Le droit annuel de l'article L.113-12 ne s'ouvre qu'au terme de la première année. Avant ce terme, seul un événement particulier permet de sortir : déménagement, vente, ou une clause spécifique du contrat. Le modèle déménagement et le modèle vente couvrent ces hypothèses.

Colocation. Lorsque le contrat est au nom de plusieurs colocataires, la lettre est signée par le souscripteur. Si un seul colocataire part, une simple modification du contrat suffit souvent : une résiliation totale priverait les autres de couverture.

Contrat lié à un prêt immobilier. L'assurance habitation n'est pas l'assurance emprunteur : la résilier n'a aucun effet sur le crédit. En revanche, la banque exige généralement qu'un bien financé reste assuré en permanence.

Un doute sur la marche à suivre. Le détail des étapes est repris dans le guide résilier son assurance habitation et, côté changement d'assureur, dans changer d'assurance habitation. Une question sur un cas précis peut être adressée à contact@surtea.fr.